LES INQUIETUDES DES FRANCAIS, SELON l' "IFEN" EN MATIERE D'ENVIRONNEMENT

Hit parade des inquiétudes


Si les Français sont de plus en plus préoccupés par leur environnement, ils ne font pas toujours la corrélation entre leur comportement individuel et la dégradation du milieu. Le plus souvent, ils considèrent que c'est aux collectivités locales ou à l'Etat de prendre le dossier en charge. "Les données de l'environnement", édité par l'Institut français de l'environnement, fait le point sur la question (*). Extraits.
Marée noire de l'Erika, inondations de l'Aude puis dans l'ouest de la France, tempêtes... entre fin 1999 et début 2001 une série d'événements a marqué le rapport des Français à leur environnement. Cette succession de catastrophes a certainement joué dans la progression particulièrement sensible ces dernières années (+ 10 points entre 1999 et 2001) de la montée de l'environnement parmi les sujets qui préoccupent le plus les Français. La dégradation de l'environnement arrive en effet en troisième position (18% des Français le placent en tête de leurs préoccupations contre 12% en 1991) juste après la pauvreté en France (21%) et le problème de la drogue (21%).
Il faut cependant noter que cette progression a été stoppée en 2002 par l'accentuation des préoccupations liées à la violence et à l'insécurité ainsi que celles liées aux événements du 11 septembre à New York et à leurs conséquences.
Pollution de l'air et de l'eau en tête

Au palmarès des inquiétudes, viennent en tête la pollution de l'air, celle de l'eau ou encore les risques nucléaires. Les Français citent également beaucoup la consommation d'aliments transformés (OGM) ou pollués (pesticides...). Cette inquiétude face à la dégradation de l'environnement apparaît ainsi d'autant plus grande que celle-ci peut représenter une menace potentielle pour la santé.
De fait, plus des trois quarts de nos concitoyens estiment que la protection de l'environnement est associée à la sauvegarde des ressources vitales que sont l'eau et l'air.

Et plus ils habitent dans une grande ville, plus ils affichent des attentes en matière de réduction de la pollution de l'air. Une sensibilité qui varie également avec leurs revenus puisque ceux qui gagnent plus de 2300 euros par mois sont un tiers plus nombreux que ceux qui gagnent moins de 610 euros à placer la réduction de la pollution de l'air comme première priorité de l'Etat.
Comment agir ?

Parmi les actions individuelles, les Français plébiscitent le tri des déchets. Probablement parce que ceux-ci sont directement intégrés à la sphère domestique, là où chacun peut exercer une relative maîtrise mais aussi là où l'on perçoit mieux l'intérêt des "petits gestes" susceptibles de déboucher sur de grands résultats. On peut également expliquer cet engouement par la plus grande diffusion des dispositifs de tri dans de nombreuses communes.

Viennent ensuite, mais loin derrière, la protection des paysages et la sauvegarde de la faune et de la flore.

Les actions qui permettraient de réduire les pollutions de l'air et de l'eau ou de lutter contre le bruit apparaissent, quant à elles, comme hors de portée des individus et relevant de l'action collective assurée par les institutions.

(*) "Les données de l'environnement", édité par l'Institut français de l'environnement, reprend les résultats de plusieurs études et notamment celles de l'Institut de protection et de sûreté nucléaires (IPSN) et du Comité français d'éducation pour la santé (CFES) et du Crédoc.
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