Dossier : Marées noires : les risques pour la santé humaine

Les conséquences possibles pour les écosystèmes


A l'heure où un nouveau naufrage touche les côtes européennes et où la France vient de déclencher de façon préventive le Plan Polmar Mer, l'Institut national de l'environnement industriel et des risques (Ineris) fait le point sur les enseignements de la marée noire provoquée par le naufrage de l'Erika près des côtes françaises en 1999, en termes de risques pour les écosystèmes et pour la santé humaine.


A court terme

Les conséquences possibles pour les écosystèmes sont liées à l'effet mécanique de la présence d'une substance visqueuse dont les oiseaux sont les victimes les plus visibles. De plus, certaines substances sont susceptibles de se "solubiliser" dans l'eau et de provoquer ainsi localement l'intoxication des organismes vivant dans la colonne d'eau ou les sédiments.
L'impact, au-delà de la proximité des zones directement polluées, est négligeable du fait de la dilution de ces substances. L'arrivée du fuel de l'Erika sur les côtes françaises a provoqué de tels effets aigus.


A plus long terme

L'impact à plus long terme est plus difficile à prévoir car il dépend étroitement des conditions locales et il est rare que l'on dispose de données écologiques suffisantes permettant de caractériser l'état antérieur à la pollution.
Un programme de recherches a été lancé par le ministère de l'Ecologie et du développement durable sur les conséquences à long terme de la catastrophe de l'Erika. S'il est encore trop tôt pour en tirer les conséquences, les premiers résultats semblent montrer que l'impact a été sensible sur les écosystèmes mais que ceux-ci sont en voie de restauration. Les résidus de fuel notamment sont susceptibles de se dégrader en milieu aérobie (au contact de l'air).
Notons cependant que la restauration est à l'échelle de quelques années et qu'il est très difficile de prédire si l'impact de marées noires successives sur un même écosystème côtier est réversible ou non.