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Article de NICE-MATIN du 08/06/2001

CARRAS SE REVOLTE CONTRE LES NUISANCES

La pollution due aux voitures et aux avions a été au centre des débats qui ont marqué la réunion publique des quartiers Fabron, Carras et Bosquets

Les habitants des quartiers Carras, Fabron et les Bosquets vivent parfois un enfer. Ils l'ont dit, haut et fort, devant les représentants de la municipalité, lors de l'assemblée générale du comité de quartier qui s'est tenue dans un salon de l'hôtel Radisson.

La président, Anita Thomsen, avait beau essayer de tempérer les ardeurs des intervenants, ces derniers se sont livrés à un véritable tir de salves nourries contre le sort qui est fait à leur quotidien.

Un quotidien fait, à les encroire, de bouchons automobiles permanents, de pollution atmosphérique et sonore, dûe aux décollages d'avion. "Nous avons déjà près d'une vingtaine de voies de circulation, auto ou ferroviaire, sur moins d'une centaine de mètres, s'est insurgé un riverain. Il faut arrêter de tout mettre sur le littoral et penser à réduire le nombre d'axes. La solution devrait passer par la finalisation du boulevard Napoléon III dont le débouché, comme un nouvel axe traversans les collines, permettrait d'éviter que les habitants des collines passent par le bord de mer pour se rendre sur la plaine du Var..."

La situation n'est pas neuve. Bernard Asso, conseiller général du canton, a essayé d'expliquer: "En réalité, le plan urbain de la ville de Nice a été raté dès....1860, quand les projets de l'époque n'ont pas voulu prévoir le développement de l'urbanisation sur les collines..."

Carrefour abominable

A l'origine de ces prises de position véhémentes, les bouchons de circulation auxquels sont manifestement confrontés, chaque jour, les riverains de ces quartiers.

Si les habitants des collines en connaissent le décor au ras du bitume, ceux qui résident à Carras, en subissent les affres depuis leur balcons.

"La mise en sens unique de l'avenue Saint-Augustin, a ainsi indiqué un groupe de participants, s'est faite de manière prématurée.Il aurait fallu, auparavant, prévoir la traversée du vallon de Barla par un viaduc, ou le débouché du boulevard Napoléon III."

"Tel qu'il est implanté, ce sens unique a transformé le croisement avec l'avenue de la Californie en un carrefour abominable, a ainsi estimé un artisan du quartier. Nous sommes confrontés à quatre feux en quelques centaines de mètres, alors qu'avant il n'y en avait aucun. En plus, ces feux sont mal réglés."

Une maman a déclaré :"Cette portion de l'avenue Saint-Augustin dessert deux écoles auxquelles les enfants se rendent à pied.

Lorsqu'il y a des bouchons, les écoliers doivent slalomer entre les voitures pour traverser. On peut imaginer le pire, si un accident nécessitait l'intervention des secours."

Souvent favorables à un retour à l'ancien tracé, ces participants n'ont pas ménagé leurs efforts pour convaincre les représentants de la Mairie. Plutôt proudents sur un aménagement qui concerne la desserte du quartier, mais également le passage d'une future ligne de tramway, ceux-ci ont choisi la concertation.

"Nous avons tenté de régler les temps de passage des feux pour améliorer les choses, a expliqué Jean-Claude Mary. Nous envisageons actuellement de supprimer le stationnement sur le côté sud de l'avenue Saint-Augustin. Mais peut-être, la solution passera, comme vous le suggérez, par un prolongement du sens unique jusqu'à la rue du Docteur-Roux, pour offrir davantage d'échappatoires aux automobilistes provenant des collines."

EN BREF

Zone 30 Kms/h à l'étude

Anita Thomsen, au nom du comité de quartier, a demandé qu'une zone de circulation à 30 Kms par heure soit étendue de la rue du Docteur-Roux jusqu'aux Bosquets.

En réponse Guy Geles Ducarme, adjoint aux travaux, a répondu : "Nous sommes confrontés à un trafic, estimé à environ 20.000 véhicules par jour, beaucoup trop supérieur à ce qui est admis, 6000, comme seuil limite pour qu'une zone limitée à 30 km/h soit respectée et efficace."

Une salle polyvalente demandée

Le comité de quartier souhaiterait l'aménagement d'une salle polyvalente, ainsi que la présence de services de proximité, comme une antenne des services municipaux et un poste de police municipale.

En réponse, Jean Hanot, adjoint à la voirie et à la sécurité, a déclaré : "Nous faisons actuellement un effort dans les secteurs fréquentés par les touristes, comme le port, la Promenade ou la vieille ville. Nous allons développer le concept des bus de police municipale, à partir duquel des équipages effectuent des patrouilles destinées à recueillir les informations des riverains. Cette formule nous semble plus efficace qu'un local fixe, offrant moins de garantie de rayonnement dans tout le quartier.

1.500 signatures pour un parking

Le comité a réussi à faire signer une pétition réclamant un parking par près de 10500 personnes.

C'est ce qu'a annoncé la présidente, Anita Thomsen.

Les riverains auront les 500 places réclamées. C'est ce qu'a affirmé M. Geles Ducarme. Sans toutefois fournir de dates pour la réalisation.

"Nice-matin du vendredi 8 juin 2001