>>Accueil

  30000m page2 :>>>

  divers :>>

DOCUMENT:

(Pollution Atmosphérique - 30 000 morts par an / Document EUREKA - n°49)

POLLUTION ATMOSPHERIQUE

30.000 MORTS PAR AN ?

- L'information est passée - presque - comme une lettre à la poste :
- En 1996, 31.692 décès prématurés ont été attribués en France, à la pollution atmosphérique.
- L'étude a été rendue publique lors d'une conférence de l'Organisation Mondiale de la Santé en Juin, à Londres.
- C'est, comme s'en inquiète l'Institut National d'Etudes Démographiques, la seconde cause de décès par maladie, après les cancers liés au tabac (53.371 cas, dont 24.338 cancers du poumon).
- Pourtant, ni le ministre de l'Environnement, ni celui de la Santé, ni l'ADEME = l'Agence De l'Environnement et de la Maîtrise de l'Energie - coordinateur de l'étude pour la partie française -, n'auront explicité ces chiffres effarants : on était en pleine crise de la dioxine, en vacances universitaires, sans compter le temps nécessaire pour synthétiser cette étude, répondent aujourd'hui les principaux intéressés....
- Une enquête publiée en avril 1999 et faisant état de 265 décès annuels anticipés à cause de la pollution avait pourtant suscité un véritable tollé. Alors, comment est-on passé, en trois mois de 265 décès à 30.000 ?

UNE ETUDE SUR TROIS PAYS EUROPEENS

- L'étude, dite trilatérale, réalisée pour l'OMS a été menée sur trois pays : la France, l'Autriche et la Suisse.
- Pour la France, les principales équipes de recherche travaillant sur le sujet ont été réquisitionnées : l'Ademe, l'Institut de veille sanitaire, l'Institut français pour l'environnement, le laboratoire Environnement et développement de l'Université Paris VII.
- Au niveau international, plusieurs équipes ont travaillé successivement. La première était chargée d'évaluer quelle population était exposée à quel niveau de pollution.
- " Nous avons choisi de mesurer l'exposition aux PM10 (particules de diamètre apparent inférieur à 10 microns) , car elles sont à l'origine d'effets sur la santé à court et long terme, mis en évidence par de nombreuses études" , exprique Alain MORCHEOINE, directeur de l'air et des transports à l'Ademe. Seulement voilà, la France, en 1996, ne disposait que de 4 capteurs de PM10. LA PRESENCE DES PM10 a donc dù être estimée. Comment ? Au laboratoire Environnement et développement de Paris VII (Jussieu), Valérie PUYBONNIEUX, chargée de recherches, explique :
- " Nous avons pu établir qu'il existait une bonne corrélation entre les indices de fumées noire (mesurées depuis longtemps en France) et les mesures PM10 obtenues par les rares capteurs disponibles lors de l'étude. Nous nous sommes fondés sur cette corrélation et sur des variables d'occupation des sols, pour établir une moyenne d'exposition de la population. Cette moyenne, pour 1996, a été estimée à 23,5 microgrammes par mètre cube" .
- L'extrapolation de l'exposition aux PM10 à partir de données sur les fumées noires est-elle fiable ? Valérie PUYBONNIEUX souligne que les valeurs obtenues pour la France sont presque identiques à celles de la Suisse, où les taux d'exposition sont cette fois sans ambiguité car mesurés directement.
- " En revanche, la modélisation pour la France ayant été réalisée à partir d'un modéle suisse, pays où le parc automobile comporte peu de moteurs Diésel, elle sous-estime la contribution des transports aux PM10.
Les niveaux de PM10 estimés doivent donc être considérés comme des niveaux minimum d'exposition"

Suite>>>