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(Pollution Atmosphérique - 30 000 morts par an / Document EUREKA - n°49)
UN CALCUL FORCEMENT GROSSIER
- Selon Philippe LAMELLOISE, directeur d'Air-parif, qui n'a pas participé à l'étude, cet indice d'exposition ressort d'un calcul forcément grossier. " Mais les auteurs de l'étude n'avaient pas le choix. Et surtout, quand bien même il y aurait des erreurs, elles seraient d'un facteur 2, et non d'un facteur 10. Avec les capteurs de PM10 que nous avons installés depuis 1996, nous pouvons vérifier que les données de cette étude ne sont pas très éloignées de la réalité. 25 ug par m3 (1), c'est le taux que nous mesurons actuellement à Paris. Cette étude apporte donc une véritable information, mais il faut la prendre pour ce qu'elle est, c'est-à-dire qu'elle apporte un ordre de grandeur sur la mortalité et la morbidité (nombre de maladies) due à la pollution. Même s'il y a en fait 15.000 et non 30.000 morts, nous changeons d'échelle".
- A partir de ces données sur l'exposition de la population,
des épidémiologistes de l'INVS ont réalisé une évaluation
d'impact sanitaire en etudiant la fonction exposition/risque (en
clair, quels sont les risques associés à quelle exposition).
- Des travaux nationaux et internationaux fournissant ces
données ont été alors intégrés dans une analyse combinée.
Concernant la mortalité, seuls les résultats d'études sur la
mortalité à long terme chez les adultes de 30 ans et plus ont
été retenus.
- Par exemple, certaines études étrangères ont montré qu'une
augmentation de 10 ug/m3 des PM10 entrainait une hausse de 4 % du
risque de mortalité chez l'adulte.
- Les résultats sont accablants;
en moyenne, les 58 millions de Français étaient exposés en
1996 à 23,5 ug/m3 (dont 8,9 dus aux transports).
31.692 décès prématurés
étaient attribuables à une exposition à long terme à
l'ensemble des PM10 (dont
17.600 à la pollution d'origine automobile).
Ce qui signifie que
certaines personnes exposées à des niveaux moyens de ce type de
pollution durant plusieurs années ont leur espérance de vie
réduite de dix ans en moyenne.
- Le nombre de crise d'asthme
causées par la pollution chez l'adulte asthmatique était de
l'ordre de 577.000 et chez l'enfant de
242.600, le nombre d'hospitalisations pour
causes cardiovasculaires de 19.761, pour causes respiratoires de
13.796, etc.
- Pourquoi un tel écart avec l'étude de l'INVS qui faisait
état de 265 décès anticipés "seulement" ?...
- Ces décès portent sur un
total de 10 millions d'habitants dans 9 villes françaises
et représentent une estimation du nombre de morts qui pourraient
être évités si, au cours d'une année, les niveaux des 90
jours les plus pollués étaient ramenés à un niveau
correspondant à celui des 90 jours les moins pollués.
L'exposition de la population a été estimée directement à
partir des réseaux de mesure. Ce scénario était destiné aux
politiques et correspondait donc à un objectif raisonnable de
réduction des émissions.
- " Il s'agit de décès pour
lesquels la pollution atmosphérique constitue très probablement
un facteur de risque surajouté qui précipite le décès de
personnes déjà malades " , explique Sylvia
MEDINA, médecin épidémiologiste à l'INVS.
" Cette
"anticipation" du décès est mal cernée, mais serait
au minimum de plusieurs semaines ".
Dans l'étude trilatérale, qui
porte sur l'ensemble de la population française, ont été
étudiés les risques de mortalité
résultant d'une exposition à des niveaux moyens de pollution
pendant plusieurs années.
Ici, il s'agit du nombre de décès
annuels qui pourraient être évités si le niveau de pollution
de l'ensemble des jours de l'année était ramené au niveau de
7,5 ug/m3, ce qui est proche du seuil de pollution naturel.
L'exposition de la population a été estimée à partir de
modélisation. Les deux résultats ne sont pas contradictoires.
- " En l'état actuel des
donnaissances scientifiques, poursuit Sylvia MEDINA, il apparait
bien que la pollution atmosphérique exerce des effets sur la
mortalité à la fois à court terme, du fait des variations
journalières de la pollution, et à long terme, du fait d'une
exposition cumulée".
(1)
La carte d'exposition indique des taux
de 35-40 pour Paris.
Mais pour harmoniser les mesures de capteurs français aux normes
européennes, il faut ajouter un facteur de 9,5 uf au taux de
PM10.
Ce qui explique l'écart de 10 entre les données d'Airparif et
celles de V.Puybonnieux.
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