Edition du Samedi 19 Janvier 2002
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Région Picardie
Le préfet confirme que le site n'est pas défini à 10 000
hectares près Troisième aéroport : premiers travaux en
2005 bien sûr, c'est dans le cas le plus optimiste.
Hier, le préfet de la Somme, Daniel Cadoux, a démarré une
grande campagne d'information sur le troisième aéroport, dénommé
Picardie-Europe, en précisant un début de calendrier avec des
premiers travaux envisageables à l'automne 2005 et en infirmant
les rumeurs qui courent depuis des semaines. La plus prégnante,
et confirmée par les élus du secteur de Chaulnes, consiste dans
le déplacement du site vers le Sud et la commune de
Fouquescourt, le village de Vermandovillers étant finalement délaissé.
<< Tout le monde s'est focalisé sur "Vermando",
qu'on voyait déjà village-martyr, village rasé, a ainsi
contesté le préfet, mais M. Gayssot n'a jamais parlé de ce
site, il a juste fait une annonce solennelle et informelle qui
n'est pas une décision d'implantation sur le "secteur de
Chaulnes". Aujourd'hui, nous travaillons sur un périmètre
de 10 000 hectares. >> Soit un rectangle de 20 kilomètres
sur 5. Deux précisions qui rendent furieux les anti-aéroport et
le président du conseil général de la Somme, Alain Gest.
<< On vient finalement nous dire que les propos de
Gayssot n'étaient pas vraiment une décision et on apeure désormais
une vingtaine de communes ! C'est détestable ! >>
Les élus reçus hier
Avant de faire ses annonces, le préfet a tenté de convoquer les
élus hier matin. Ceux-ci ont longtemps hésité avant d'accepter
une formule mixte. Participer oui, mais refuser de s'exprimer
autrement que par un hochement de tête... Drôle d'ambiance à
la dite réunion : << Ce n'est pas une attitude
constructive, s'est défendu le préfet, il faut que les
Picards prennent en main leur destin et fassent de ce projet une
vraie chance pour la région.>> Et le préfet de
critiquer le recours au tribunal administratif présenté par
Corinne Lepage, l'avocate des anti-aéroport en précisant qu'il
n'avait pas lieu d'être puisque l'annonce du ministre ainsi
attaquée était une annonce... et pas une décision.<< Le
premier vrai acte que l'on pourra attaquer, ce sera fin février,
lorsque j'aurai pris mon arrêté ! >>, s'est expliqué
Daniel Cadoux. Le calendrier de l'Etat est désormais serré. Dès
la fin du mois prochain, le préfet devrait prendre un arrêté
qui lui permettra de contrôler l'urbanisme et les demandes de
permis de construire sur le périmètre concerné. Ensuite,
viendra l'étude d'impact avec les analyses sur l'environnement,
les nuisances et les populations, tout comme les incidences en
matière d'aménagement du territoire et de développement économique,
<< d'Arras à Compiègne, de Saint-Quentin à Amiens,
car c'est tout le Nord - Pas-de-Calais et la Picardie qui sont
concernées >>. Parallèlement, sur proposition du député
socialiste anti-aéroport de la Somme, Jacques Fleury, l'assemblée
devrait valider un amendement d'ici à la fin du mois, obligeant,
dans une zone de nuisance à définir, l'Etat à racheter les
biens des habitants qui souhaiteraient vendre. Ensuite, en février
2003, ouverture d'un débat Barnier, autrement une commission de
débat public un peu similaire à la DUCSAI et qui ne manquera de
provoquer la colère des anti-aéroport.<< Mais
attention, là il y aura les études, les analyses et les débats
devront éclairer le choix du gouvernement ! >> De ces
10 000 hectares sortira alors un site, et, à l'automne 2003 le début
de l'enquête publique qui devra déboucher par un décret du
Conseil d'Etat avec de premiers travaux envisageables pour
l'automne 2005. " Si rien ne retarde les dossiers, bien sûr...
" Nul doute que les " anti-aéroport " auront
d'ici là quelques cartes à jouer.
Christophe LÉPINE