NICE-MATIN du 24/05/01
TRANSPORTS URBAINS : ATTENTION UN TRAM PEUT CACHER LE BUS
Parce que l'appellation "transport en commun en site propre" ne rime pas qu'avec le tramway, les usagers du parcours Port-CADAM se contenteront d'abord des bus à gaz. (Et pourquoi pas d'aller à pied...)
C'est désormais entendu : la deuxième ligne de tramway (axe est-ouest) pourra bien attendre quelques années de plus. Non pas seulement parce que la municipalité veut se laisser le temps de digérer la première (axe nord-sud-est), mais parce que, après tout, le site propre du bus (voir encadré), entre le port et le centre administratif départemental des Alpes Maritimes, alias CADAM, devrait tout de même permettre de résoudre en partie le problème des transports en commun.
Celà dit, il ne faut pas non plus être dupe : tout le monde est bien d'accord pour estimer que le tramway demeure le grand remède aux grands maux que sont, à Nice, l'anarchisme farouche des automobilistes et la qualité de l'air. Dans cette optique, le bus, fût-ce en site propre, risque fort de n'être jamais qu'un petit remède.
Lors de la dernière séance du conseil municipal, le 27 avril, Jacques Peyrat a bel et bien temporisé à propos de la ligne 2 du tramway, compte tenu du coût de la ligne 1 (deux milliards et demi de francs) et de celui du site propre du bus (137 millions tout de même).
Et puis, il faut s'y résoudre, l'intercommunalité, indispensable pour le tramway puisse franchir le Var, n'est pas pour demain :les réticences ne sont pas que clochemerlesques, elles tiennent aussi à la fiscalité.
Uniquement avec les bus à gaz
A cause de toutes ces bonnes raisons, l'usager du parcours est-ouest, lui, devra se contenter des bus. Mais pas n'importe lesquels, les bus à gaz "Leur nombre, précise Dominique Monleau, le conseiller municipal délégué aux transports, devrait avoisiner 45 % du parc en 2002." A tout seigneur, tout honneur, ce sera donc au site propre qu'ils seront dédiés en priorité.
Un site propre, justement, dont la réalisation touche à son terme, prévu actuellement pour la fin de 2003. Osons le dire; ce n'est pas trop tôt, puisqu'il a fallu "plus de vingt-trois ans pour le réaliser, reconnaît Dominique Monleau, d'abord avenue de la Californie, puis rue de France".
Pour l'heure, les travaux viennent de s'achever entre Carras et Ferber. Ce qui signifie que, du débouché du boulevard François-Grosso, dans la rue de France, jusqu'à l'avenue Charles-Lindbergh, à l'aéroport, le site propre des bus est entièrement réalisé.
Entièrement ? non : la pharmacie de Carras, à l'angle de celle de Saint-Augustin, résiste encore et toujours. "Son cas devrait être réglé d'ici à la fin de l'année", précise néanmoins le délégué aux transports. S'il n'est pas prévu de prolongement du site propre entre le quartier de l'aéroport et le CADAM, en raison d'une plus grande fluidité de la circulation, en revanche, il faut encore réaliser le tronçon reliant François-Grosso au port. il est en cours d'études et prévoit un dédoublement du cheminement des bus.
Dans le sens est-ouest, ils emprunteront, au départ du port, les rues Cassini, Defly, Hôtel-des-Postes, Liberté, Buffa et Dante, avant de rattraper la rue de France.
En sens inverse, ils circuleront dans les rues Bottero, Maréchal-Joffre, Pastorelli et Delille, avant de rejoindre la rue Defly. En fait, les parcours déjà bien connus aujourd'hui des usagers.
"Pour nous, observe Dominique Monleau, le secteur le plus difficile à réaliser sera celui compris entre l'avenue Jean-Médecin et la place Garibaldi". Mais lorsque tout cela sera fini, tout ne sera pas terminé pour antant : "Nous souhaitons, ajoute-t-il, réaliser des pistes cyclables sur l'ensemble du site propre. C'est encore à l'étude, ce n'est pas simple et, pourl'heure, on se contente de les prévoir là où c'est possible".
Dernier détail, qui a son importance : les bus interurbains seront interdits de site propre.
"Ils n'ont pas les mêmes arrêts, justifie l'élu et leur présence, qui accroîtrait le nombre de véhicules dans le même couloir, casserait la vitesse." Et la vitesse, pour une fois, est la bienvenue dans les rues de Nice!
Francis LUMINEAU
Site propre : la confusion
Malgré les années passées depuis le lancement du projet de transport en commun en site propre, le fameux TCSP en abrégé, il semble que quelques Niçois se laissent encore abuser par le terme "propre".
Certains pensent que les transports en commun utilisent des énergies.... propres, telles que l'électricité ou le gaz naturel, d'autres encore que le site est nettoyé régulièrement! Dominique Monleau, délégué aux transports, ne manque pas d'anecdotes à ce sujet.
Il existe aussi un autre type de confusion : quelques-uns croient que TCSP rime nécessairement avec tramwey. Eh bien, c'est faux!
L'appellation site propre signifie simplement que le transport en commun circule dans un site qui lui est entièrement dédié, qui lui est...propre.
Ce peut-être effectivement, un tramway, mais les bus, à gaz ou non, n'en sont pas exclus. La preuve. Jusqu'à ces dernières années, on parlait plus volontiers de couloirs de bus. Le site propre n'est en réalité rien d'autre qu'un bon vieux couloir de bus, mais amélioré. Au lieu d'être situé le long des trottoirs, à droite ou à gauche de la chaussée, autrement dit à deux pas des commerces, il est ménagé en pleinmilieu : dès lors, quel intérêt d'y stationner ?
La ruse fonctionne à merveille avenue de la Californie et rue de France. Résultat : une vitesse commerciale (vitesse moyenne, arrêts compris, observée sur une année) plus élevée. Actuellement à Nice, elle avoisine les 12 à 14 kilomètres/heure selon les années, soit la plus faible des vingt plus grands réseaux de France! Elle monte à 27 à Lille.
Pour M. Monleau, "la première efficacité du site propre, c'est cette vitesse commerciale devenie très appréciable", de l'ordre, semble-t-il , de 2 à 4 kms/h supplémentaires. Ce qui n'a l'air de rien, mais qui va quand même dans le bon sens.
F.L.